L’Eglise Saint Hilaire

Dédiée à St Hilaire, témoin de l’histoire du village, et construite en pierre tuffeau blanc, cette église du 12ème siècle a retrouvé aujourd’hui son éclat d’antan et mérite un détour.Son clocher carré, édifié au XVème siècle, et doté d’une flèche octogonale, fut classé Monument Historique en 1921. Bien mise en valeur au milieu du bourg, elle a bénéficié, depuis 2015, d’un programme ambitieux de restaurations. Accueillante, ses vitraux du 19ème, réalisés par les Ateliers Lobin de Tours, procurent un bel éclairage. Les arcatures, les arcades, les voûtes, vraies ou fausses, anciennes ou modernes, empruntent à différents styles architecturaux. Croisées d’ogives, arc de plein cintre, voûtes en berceau brisé ou anse de panier apportent fantaisies et diversités architecturales dans un ensemble harmonieux

HISTORIQUE

L’église est le fruit de différentes campagnes de travaux. Les éléments les plus anciens de l’église existent depuis le XIIè siècle. Le chœur rectangulaire, les voûtes de ses deux travées et le clocher datent de la fin du XVèsiècle. Le bas-côté nord a agrandi l’église au XVIIèsiècle (Robert Ranjard, p406). La façade occidentale, le bas-côté sud, les voûtes de la nef et des bas-côtés et la charpente datent des restaurations de 1860.

  • XIIème siècle : La Touraine est une possession de la maison d’Anjou, Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre (1133-1189) se révèle un bienfaiteur pour la Touraine, une administration régulière et mesurée gère la province qui se développe. La construction de l’église de Lémeré date de cette période.
  • vers 1380 : La chapelle des Montonneau est fondée et dotée par Guillaume de la Rajace, chanoine de l’église du Mans. Les anciens titres de la cure de Lémeré font mention de deux chapelles dans l’église : celle de Montonneau et la chapelle Notre Dame du Rosaire.
  • 1442 : Pierre de Beauvau, grand chambellan de Charles VII, obtient l’autorisation du roi de faire fortifier le château du Rivau. Son épouse Anne de Fontenay, qui apporta en dot le château du Rivau, sera enterrée dans l’église de Lémeré.
  • Fin XVème / début XVIème siècle : La Famille de Beauvau fait construire, à ses frais, le clocher et le chœur. Le curé de Lémeré est précepteur des enfants de la famille de Beauvau mais aussi gardien des archives du château.
  • XVIIème siècle : Modification du bas-côté Nord
  • XVIIIème siècle : Rajout d’un baptistère et d’un caquetoire à l’emplacement de l’actuel bas-côté sud.
Carte de Cassini, XVIIIème                              ©IGN
  • 1805 (an XIII du calendrier républicain) : La municipalité projette de transformer une partie de l’église en maison commune, mais le curé desservant s’opposant au démarrage des travaux, le maire renonce à son projet et la somme destinée aux travaux sera allouée à la réfection des chemins. 
  • 1818 : La nef de l’église est lambrissée, toute la couverture est restaurée : les pans nord, sud et la chapelle du Rivau entièrement en tuiles, la sacristie et le chœur en ardoises. 
  • 1825 : Restaurations du clocher.
  • De 1840 et jusqu’en 1910 : Un grand élan de réédification et de rénovation des églises est engagé par le diocèse. L’église de Lémeré qui tombe en ruines va bénéficier de restaurations importantes. Des modifications du bâti existant sont effectuées et une voûte de pierre viendra couvrir la nef en 1856.

Le style est néo-gothique est encouragé par l’épiscopat et par Gustave Guérin, architecte diocésain de 1837 à 1880. Ce style romantique, de la religiosité du sentiment, est celui de la rechristianisation de la France.

    • 1858 : Gros travaux de restauration, reprise des soubassements, construction d’une nouvelle charpente, réfection de la façade principale

  • 1859 : Réfections intérieures du pilier de droite, de colonnettes, du carrelage
  • 1862 : Restauration des marches du clocher, refonte de la cloche , achat du mobilier, des fonds baptismaux et réparation de la sacristie
  • 1899 : La foudre frappe le clocher brisant le vitrail situé au-dessus de la grande porte de l’église. Ce dernier est restauré l’atelier Bigot & Heinrich, peintre verrier à Tours, successeur de la célèbre maison Lobin.
Cadastre Napoléonien, XIXème siècle
(Archives Départementales d’Indre et Loire)
  • 1922 : Réparation du sommet de la flèche, remplacement de trois assises de pierres, dépose et repose de la croix.
  • 1954-1965 : Réparation de la flèche du clocher et pose d’un grillage de protection sur les vitraux.
  • 2003-2009 : Réfection de la toiture de la sacristie en ardoises avec faîtage et noue en zinc, pose d’un revêtement de sol en résine coloriée décorative aux pieds des façades, pose de verres de protection des vitraux, nettoyage des vitraux et mise en peinture des fers. En 2009, restauration des cloches et du beffroi, changement des moutons, pose d’un plancher et solives dans le clocher.
  • 2010 à 2019 : Réfection de la toiture du transept et de la nef en ardoises avec faîtage et noue en zinc, pose d’un nouveau voligeage et redressage de la charpente, rénovation de l’éclairage extérieur et la restauration de l’éclairage intérieur. En raison de l’état vétuste du clocher en pierre de tuffeau, réalisation d’une étude diagnostic. Cette étude a été suivie de trois phases de restauration réalisées sur l’église.

Dans une première phase, exécutée en 2015, les soubassements périphériques et le parvis ont été traités pour améliorer l’évacuation de l’humidité en pied de mur.

Rosace centrale, façade Ouest
2019

Une 2ème phase, réalisée en 2016-17, concernait l’ensemble du clocher. La restauration a porté sur ses parements extérieurs et intérieurs, sa flèche en pierre, ainsi que le beffroi et son plancher. La croix et son coq ont également été restaurés et pourvus d’un paratonnerre. Les baies du clocher ont été dotées d’abat-sons en bois de châtaigner, d’appuis en plomb et des grillages anti-volatiles en cuivre.

Une troisième phase de restauration a été achevée en septembre 2019 et concernait la restauration des façades et des vitraux Ouest et Sud, ainsi que de la couverture des bas-côtés Sud et Nord.

  • 2022 : La dernière phase de travaux vient tout juste de s’achever avec la réfection des vitraux et façades Est et Nord.

Ainsi ce patrimoine architectural, transmis par nos anciens, sera-t-il préservé pour quelques décennies encore.

Vitrail St Hilaire

Les archives complètes sont consultables en Mairie sur demande.

Toutes les sources des informations citées ci-dessus y sont référencées.